Le choc démographique lié aux départs massifs en retraite des baby-boomers dans le secteur public

Envoyer Imprimer 18 juin 2007

choc_demo_public_fotolia_1921516.jpg Le choc démographique, lié aux départs massifs en retraite des baby-boomers, atteint en 2007 une phase essentielle, celle de la transposition effective sur le marché de l’emploi, de ce qui n’a jusqu’à présent été qu’une théorie, basée sur des estimations globales et plus ou moins fiables.

Chacun à leur façon, les secteurs public et privé vont être fortement impactés, et ce « choc » qui a vocation à être transversal, affectera avec le plus de gravité un équilibre général des comptes sociaux déjà fragilisé depuis le début des années 1990.

 Alors que l'Allemagne, l'Espagne et la Grande Bretagne prennent des dispositions pour repousser de 65 à 67 ans l'âge légal de départ à la retraite, en France les échéances électorales ont actuellement pour effet incontestable de bloquer la prise de décisions, notamment quant aux impératives réformes économiques et sociales visant à lutter contre les multiples déséquilibres engendrés et à venir.Financement des retraites (maintient du système de répartition, début de bascule vers la capitalisation, ou choix d’une voie médiane ?), pérennité des textes réglementaires de la réforme Fillon (poursuite de l’allongement de la durée des cotisations pour bénéficier d’une retraite à taux plein ?) et du « Plan Seniors » du Premier Ministre (maintien du CDD seniors ?),  sont autant de décisions fortement politisées dont la continuité dépendra quasi exclusivement de l’orientation politique du prochain gouvernement.

Des impacts pour le domaine public

2006 – 2007 : premières années critiques ?

Les chiffres sont éloquents : il y a de moins en moins de travailleurs, et de plus en plus de retraités. 2006 et 2007 devraient marquer les premières années critiques.

Graphique ratio actifs/inactifs

Les ratios actifs / inactifs pour les années à venir vont être bouleversés dans les prochaines années
(Source : Conseil Economique et Social,  in  Les Echos)

Le risque majeur : l’équilibre des comptes sociaux
Le risque majeur du papy-boom au niveau national concerne l’équilibre des comptes sociaux, avec d’un côté l’explosion des dépenses de santé et de l’autre le poids croissant des retraites, qui représente aujourd’hui un prélèvement de 12% du PIB, alors qu’il était de 5% dans les années 60, et devrait être de 16% dans 30 ans !

Le financement des retraites, une problématique qui atteint un degré critique
La problématique du financement des retraites tient aujourd’hui davantage aux zones d’incertitudes qui affecteraient la pertinence même du système à long terme : celui-ci sera-t-il cohérent avec la physionomie démographique et salariale de la France dans plusieurs dizaines d’années ? Quelle sera la réalité des avantages attribués aujourd’hui sur le marché de l’emploi de demain ? Faudra t-il augmenter la durée du travail, et/ou diminuer les prestations versées par les institutions publiques ?D’après les projections du Conseil d’Orientation des Retraites (COR), à l’horizon 2020 le besoin de financement des retraites sera de l’ordre de 1,7% du PIB ! 

Retraite par répartition ou retraite par capitalisation… ? 
Une seule certitude demeure quant à ces deux solutions : le système actuel est obsolète et doit être réformé. L’allongement de la durée de la vie professionnelle est un phénomène inéluctable, mais sa mise en œuvre laisse encore des cicatrices, puisqu’il impute directement les « projets de vie » des individus concernés. 
Un début de mobilisation des pouvoirs politiques encore insuffisant
La réforme Fillon vise à préserver l’équilibre du système social. Il en résulte notamment une augmentation progressive de la durée de travail qui sera ainsi portée à 42 ans. En revanche, les mesures de la loi Fillon ne financeront que la moitié du déficit.

Le « Plan National d’Action pour l’Emploi des Seniors », qui met en oeuvre des mesures autour de trois axes forts : maintenir les seniors dans l’emploi, favoriser leur retour à l’emploi et aménager leur fin de carrière.

  • Les mesures phare de ce plan sont : la réduction progressive de la contribution Delalande, jusqu’à sa suppression totale au 1er janvier 2010 ; la disparition des accords permettant d’abaisser l’âge de mise à la retraite d’office (véritable retour en arrière sur les politiques publiques d’incitation au départ en retraite !) ; l’accent mis sur les nouveaux outils de la formation professionnelle (Validation des Acquis de l’Expérience -VAE-, Droit Individuel à la Formation -DIF-, et Parcours de Professionnalisation) par une amplification notable de l’action de l’AFPA (Association pour la Formation des Professionnelles Adultes).
  • Enfin l’ANPE sera l’un des piliers de l’actuelle réforme de l’emploi des seniors, sa politique d’accompagnement des plus de 45 ans allant être fortement développée.
  • La GPEC, un outil de gestion proactive des RH qui devient indispensable. Déjà des programmes publics offrent la possibilité aux PME-PMI de se doter d’outils de GPEC (soutient de la CCIP). En dépit de mesures fortes tel que le CDD Senior (réservé aux plus de 57 ans et portant la durée contractuelle à 18 mois renouvelable une fois) ou l’allongement de la durée d’activité professionnelle, des décisions politiquement sensibles telles que la baisse du montant des pensions ou la hausse des taux de cotisations, n’ont pas été tranchées, laissant toute son ampleur au choc démographique, et à la détérioration du ratio de dépendance démographiquequi amène déjà certains analystes à parler de« Baby-krach » à propos des prochaines générations à venir.

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