Le portrait robot des grands patrons européens : une homogénéité globale qui cache quelques disparités importantes
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23 décembre 2008
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« Sexe : masculin. Moyenne d’âge : 57 ans ». Le profil des dirigeants des plus grandes entreprises européennes frappe avant tout par son homogénéité, selon l’étude de Sia Conseil menée sur les 27 pays de l’UE et la Suisse. |
Cette étude porte sur les 105 patrons des plus importantes entreprises européennes sélectionnées en fonction de leur chiffre d’affaires. Un critère qui limite le panel à 13 des 28 pays étudiés, les autres ayant des entreprises dont le CA est insuffisant pour paraître dans le classement. La France est le pays européen qui compte ainsi le plus d’entreprises à fort chiffre d’affaires, avec 32 représentants.

Néanmoins des divergences, parfois importantes, subsistent quant à la formation des patrons et leur mode d’intégration dans l’entreprise qu’ils dirigeront n’ont rien de comparable d’un pays à l’autre.
En France, la formation apparait comme très classique et assez formatée. Presque un tiers des grands patrons sont passés par l’ENA et quasiment un quart ont étudié à HEC. A l’inverse, l’étude des parcours des dirigeants allemands révèle des profils plus diversifiés. Certains sont issus de formations classiques de droit ou de sociologie à l’université. De plus, l’excellence universitaire n’est pas le seul moyen d’accéder à des postes de très haut niveau.
Même constat en ce qui concerne l’ouverture à l’international des parcours universitaires des dirigeants. Tandis que respectivement 67% et 57% des dirigeants néerlandais et suisses ont effectué toutes ou partie de leurs études à l’étranger, ils ne sont que 29% et 26% en Italie et en Allemagne. La France est dans les derniers : seulement 9% des grands patrons sont concernés. Un constat significatif à mettre en rapport avec la maîtrise des langues et en particulier du niveau d’anglais des différents pays étudiés.
L’âge d’entrée sur le marché des DG présente aussi des divergences. En moyenne il est de 25 ans. Toutefois, il s’élève à 28 ans en Allemagne, où les études sont plus longues et les changements de parcours plus fréquents. A l’inverse, les futurs DG britanniques commencent leur carrière à 23 ans.
Quand ils sont promus à la direction, les DG des entreprises étudiées ont une ancienneté moyenne dans leur entreprise de neuf ans. Mais cette moyenne masque de fortes disparités entre les pays latins d’un côté (Espagne et Italie) dans lesquels la présence dans l’entreprise au moment de la promotion est souvent plus récente et s’apparente souvent à du « parachutage », et de l’autre les pays tels que l’Allemagne et les Pays-Bas où l’ascension est plus lente : la plupart font toute leur carrière dans une entreprise avant d’en devenir DG. Ainsi, si aux Pays Bas 17 ans de carrière sont nécessaires pour atteindre le sommet, en Espagne, la moyenne est seulement de 2 ans. On a pu établir que plus les études des futurs DG sont prestigieuses, plus leur ascension en interne est rapide.
Enfin, la rémunération moyenne des DG des plus importantes entreprises européennes s’élève à 4,6 millions d’euros en 2007. Ces chiffres représentent la part fixe et la part variable de la rémunération des grands patrons (hors stock options). Là encore, les disparités sont importantes : en France, les rémunérations des grands patrons sont bien en dessous de la moyenne du classement (1,75 millions d’euros en moyenne) alors qu’en Allemagne, en Espagne et en Italie, le salaire est compris entre 6 et 8 millions d’euros.
Tags :Carrière, Formation, rémunération, RH, RSE, Salaire
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